~ Chapitre 12 ~

~ Chapitre 12 ~
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~ Chapitre 12 ~

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POV Tom


Je me retourne une nouvelle fois dans mon lit, ce que je ne cesse de faire depuis plusieurs heures déjà. Depuis que mon frère est rentré il m'est impossible de fermer l'½il, de penser à autre chose ou même de me calmer... Je n'arrive pas à chasser Bill de mon esprit et encore moins à tenir place sachant qu'il se trouve en ce moment-même à quelques pas de moi. Qu'une simple porte nous sépare et m'empêche de le voir.

Dans cette histoire, je ne sais même pas ce qui me gêne le plus, je n'arrive pas à éclaircir mes pensées.
Je me positionne sur le ventre et place ma tête sous l'oreiller en essayant de réguler ma respiration.
Les minutes passent et l'air commence à me manquer alors que je ne me suis toujours pas détendu. Je me redresse brusquement et empoigne fermement le coussin. Sans réfléchir, je commence à frapper irrégulièrement mes poings contre lui pour extérioriser ma rage.

Essoufflé, je le jette au travers de la pièce de toute mes forces, puis attrape le drap qui recouvre le matelas et commence à le serrer de plus en plus fort, fermant la mâchoire de la même façon. Des larmes embuent progressivement ma vue et je sens mes épaules se soulever au gré de mes spasmes tandis que je dessers lentement mon emprise sur la couverture.
Et alors que je pensais m'être enfin calmé, la couverture qui me recouvrait en partie ne tarde pas à subir le même sort que l'oreiller : je l'attrape et la repousse violemment hors du lit à l'aide de mes pieds.

Je fixe un point vide le temps d'un instant tandis que ma respiration reprend un rythme normal. J'enroule doucement une de mes dreads sur elle-même à l'aide de mes deux mains en attendant que mes pleurs cessent. Ce geste qu'effectuait souvent Bill lorsque nous étions enfants et que nous dormions ensemble. Il ne pouvait pas s'endormir sans caresser mes cheveux de cette manière... Enlacés l'un contre l'autre. Je laisse échapper une faible plainte en me remémorant ce souvenir. Bill...
J'essaye de me concentrer quelques instants, le temps d'analyser tout ce que je lui reproche en ce moment même, ce qui me fait le plus de mal dans tout ça...

Je crois que ce qui me perturbe le plus c'est le fait qu'il en ait parlé à Andreas plutôt qu'à moi. Lui avant moi. Pourquoi ? Pourquoi... Il le préfère à moi ? Je suis moins digne de confiance que lui ? Alors si c'est ce qu'il pense il s'est bien gouré sur ce coup vu comment Andreas a tout balancé ce soir. J'espère qu'il regrette son choix, je l'espère vraiment... Ça me fait tellement mal s'il savait... Je pense que l'idée que mon jumeau puisse aimer quelqu'un plus que moi me brise le c½ur... Ce n'est pas seulement Andreas, ça pourrait être n'importe qui d'autre...

J'ai l'impression d'exagérer totalement la situation mais je n'y peux rien... Je n'arrive pas à relativiser et à chasser cette jalousie qui me ronge avec virulence le c½ur. Je ne devrais pas réagir de la sorte. Ce n'est que mon frère après tout... Je ne connais personne d'aussi possessif envers un membre de sa famille... Mais je ne peux m'empêcher d'avoir la prétention de croire que puisque nous sommes jumeaux, ça change quelque chose. Que ça me donne le droit de me mettre dans cet état pour « si peu ». Ça atténue ma peur. Car ce que je ressens m'effraie terriblement... Ce n'est pas normal. Après tout, il attendait peut-être simplement le bon moment pour me le dire, d'être sûr de lui... Seulement... J'aurais voulu être le premier à qui il se confie. Moi, son jumeau.

J'émets un léger rire, faux. J'utilise le terme « jumeaux » à tout bout de champs comme si ça me donnait un droit sur lui. Je suis vraiment pathétique... Complètement ridicule. Mais je ne peux rien faire contre ça, je le sais...
Et puis il y a cette promesse qu'il m'a faite. Il ne devait rien me cacher... Je sais que c'était bien après la soirée de notre anniversaire seulement... Je le ressens tout de même comme une trahison.
Mais j'ai l'impression que ce n'est pas tout., qu'il y a quelque chose d'autre... J'ai du mal à mettre des mots dessus... Ce dont je suis sûr c'est que l'idée que Bill soit peut-être homo ne me dérange pas. Ce n'est pas ça le problème, pas du tout... Je ne sais pas ce que c'est... Il faut que je sache. Ça me perturbera jusqu'à ce que je trouve. Ça me paraît tellement important pourtant. Comme une évidence que je n'arriverais pas à cerner. C'est une sensation tellement désagréable...

Malgré tout ça, il ne faut pas que j'oublie ma promesse... Je lui ai dit que je ne l'abandonnerai plus jamais. En principe, je n'ai pas le droit de m'éloigner de lui à cause de cette histoire, même si elle me blesse énormément. C'est tellement insignifiant. Même si j'ai du mal en m'en persuader, je sais que c'est la vérité.
Mon frère a perdu sa joie de vivre, il a besoin de se reconstruire, de reprendre confiance en lui et je me dois de l'aider... D'être à la hauteur cette fois-ci pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Et pour cela il faut qu'on se parle. Que je mette de côté ma fierté et ma jalousie pour le laisser m'expliquer... Chose qu'il n'a pas faite lorsque je lui ai demandé.
Je sers fermement la mâchoire, clos mes yeux et tente de calmer ma respiration de nouveau. Ca ne peut plus durer, cette situation est plus qu'insupportable. Je vais finir par craquer et je ne veux surtout pas en arriver là...

Plongé dans mes pensées, je n'avais pas remarqué que le soleil s'était levé. Je ne sais pas depuis combien de temps ; il doit être encore relativement tôt mais je voudrais aller le voir maintenant. Je ne peux plus tenir... Mais peut-être devrais-je le laisser dormir encore un peu ?
Je secoue la tête nerveusement. En réfléchissant à tout ça j'ai perdu de vue qu'à la base je devais être énervé contre Bill... Au lieu de ça je m'inquiète du manque de sommeil que je pourrais lui causer en le réveillant maintenant ! J'ai du mal à lui en vouloir au final même s'il me fait souffrir... Involontairement. Enfin je pense... Je suis vulnérable quand il s'agit de lui... Bien trop vulnérable. Ça me rend malade. Quelque chose à changé et ça me met plus que mal à l'aise...

Je finis par me lever, bien décidé à avoir une discussion avec mon jumeau. Et je ne le laisserai pas se défiler cette fois ; je veux des explications, il me les faut absolument. Je me frotte le visage avec mes mains puis redessine les contours de mes sourcils à l'aide du bout de mes doigts de manière répétitive pour tenter de me détendre tout en inspirant et expirant fortement. Je remarque que je ne me suis pas changé depuis hier soir et que je dois vraiment avoir une sale gueule... Des cernes énormes, les dreads en bataille... J'hésite à m'arranger quelque peu avant d'y aller mais je me rappelle soudainement que pour me rendre dans la salle de bain il faut d'abord que je passe par la chambre de Bill.

Y a pas idée d'être aussi nerveux pour une simple discussion avec son frère. Simple... Je soupire une nouvelle fois. L'auto persuasion n'a jamais été mon point fort...
J'avance doucement vers la porte close de cette pièce que je redoute tant. J'ai une désagréable sensation de déjà vu...

« J'te dérange pas ?
- J'allais me coucher. »


Comme si je revivais la même scène indéfiniment... Scène que j'aurais préféré oublier à jamais.

« Je voulais juste que tu me dises ce qui ne va pas... Je sais qu'il y a un problème, je voudrais t'aider...
- Tu te trompes, si j'ai pleuré tout à l'heure c'est parce que je suis juste à bout de nerfs... Il faut que je dorme, t'inquiète pas. »


Pourquoi c'est toujours aussi compliqué ? Avant il n'y avait pas ce genre de problèmes... On n'avait aucun secret l'un pour l'autre, on savait tout de l'un de l'autre et on était toujours ensemble. C'est tout. Tout...

« S'il te plait Bill... Je sais que tu mens ! Je ne pourrais pas te dire comment je le sais mais c'est comme ça... Pourquoi tu ne me confies plus rien ? Je suis là, parle-moi... Tu me manques...
- Si je ne te dis plus rien c'est parce que je n'ai rien à te dire ! Fous-moi la paix j'ai plus besoin de toi ! »


Il faut que je me fasse une raison, les choses ont changé. Ressasser le passé ne fait qu'empirer les choses... Et instantanément les pires moments de ces dernières semaines prennent place dans mon esprit avec la ferme intention de ne pas disparaître avant un moment. Comme à l'instant. Les paroles blessantes submergent mon esprit par vague de douleur, amplifiant la peur qui me tiraille l'estomac à mesure que j'approche de sa chambre.

C'est lorsque je me tiens juste devant que j'entends des voix provenant de derrière la porte. Je n'arrive pas à distinguer clairement les paroles... Encouragé par une impulsivité due à ma curiosité à présent éveillée, j'abaisse la poignée de la porte en poussant légèrement celle-ci. Je prends une dernière profonde inspiration avant de risquer un ½il dans l'entrebâillement.

Je n'ouvre qu'à peine, voulant d'abord savoir si mon frère dort encore, même si ce serait logique. Je me surprends à espérer qu'il soit toujours endormis pour pouvoir l'observer faire. L'admirer ?... Peut-être bien, oui.
Je déglutis tout en chassant cette idée de mon esprit...

Le regard tout d'abord baissé, je le remonte progressivement jusqu'à apercevoir le pied de son lit. Je vois ensuite des jambes... Mais je sais que ce sont pas les siennes. Quelqu'un est assis sur son lit... Je me décale sans bruit pour découvrir l'identité de cette personne qui me tourne presque le dos.
Mais... Qu'est-ce que... ?!


POV Bill


J'essaye de me concentrer comme je peux sur les sensations que ça me procure... Il faut que je sache. Je détends mes muscles et me rapproche d'avantage d'Andreas pour approfondir le baiser. Malgré mes efforts, je n'arrive pas à savoir l'effet que ça me fait... Je me sens bien trop confus, mes pensées ne cessent de se bousculer dans ma tête et à trop chercher à interpréter les sensations que ce geste fait naître en moi, je finis par passer à côté. Je me recule vivement, les traits du visage crispés dans une moue préoccupée.

« Alors ? me demande-t-il.
- Je... Je sais pas... J'arrive pas à... P'tain !
- C'est pas grave, te mets pas dans ces états pour ça... J'suis là pour t'aider, n'oublie pas.
- C'est juste qu'il faut absolument que je sache... Je sais pas ce que je ressens... Ce que je suis.»
Il pose sa main sur mon épaule dans un geste réconfortant et reprend :
« Peut-être que c'était pas assez. Tu veux qu'on passe au niveau supérieur ?
- Tu... Enfin... Ouais... »

Je me sens vraiment mal à l'aise. J'humecte quelque peu mes lèvres alors qu'il fait de même puis il restreint une nouvelle fois l'espace qu'il y avait entre nous pour reposer ses lèvres sur les miennes. Cette fois j'essaye vraiment de faire le vide dans mon esprit. Je ferme les yeux en entrouvrant la bouche et sens lentement sa langue s'introduire à l'intérieur.

Me détendre, me détendre...

Je me sens totalement perdu, sans repères. Pourtant c'est pas comme si c'était mon premier baiser ! Enfin si avec un mec mais... Ça ne devrait pas être si différent d'un baiser féminin, si ? Ça dépend de mon orientation sexuelle... Voilà le problème. Je n'arrive pas à savoir.
Nos langues se rencontrent et se caressent. Je ne sais pas si je trouve ça agréable. Je ne comprends rien ! Si, c'est bien mais... Je ne sais pas.
Curieux, je pose ma main sur son flanc et me rapproche encore plus de lui. Nous serions totalement collés si nos jambes ne nous faisaient pas obstacle. Il passe presque instantanément une de ses mains dans mes cheveux, appuyant délicatement sur ma nuque et intensifiant ainsi notre contact.

Je frissonne alors qu'une image s'installe dans mon esprit. Tom. Pourquoi je pense à lui à cet instant précis ? Je fronce les sourcils en essayant de me reconcentrer mais rien n'y fait. Mon frère ne veut pas disparaître de ma tête... Je me surprends à apprécier réellement ce baiser... Depuis que j'ai cette image à mes yeux. Depuis que... Oh non. Comment je peux imaginer Tom à la place d'Andreas ?! C'est... Mais putain comment...!
Je sens soudainement un lourd poids peser au niveau de mon estomac, comme une sensation de gène intense. Je me sens mal... Observé.
Je me décolle rapidement d'Andreas et c'est avec un mauvais pressentiment que je tourne la tête vers la gauche, la porte qui sépare nos chambres, à Tom et moi. Tom. Mon c½ur rate un battement. Tom. Oh merde ! Merde !!! Tom ! Putain non !!! Il était là ! La porte ! Ouverte... Il a tout vu... !? Oh non, non, non !! Non...
Nos regards se croisent. Une seconde à peine... Parti.
Il referme précipitamment la porte dans un claquement qui me glace le sang, faisant tressaillir mon corps d'un frisson d'angoisse...


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Voilà ! Pour ceux qui ont déjà lu la première partie, la deuxième est à partir du POV de Bill =)
Ça fait un moment que j'ai pas posté... J'ai moins de visites et de commentaires (c'est normal u_u) mais j'espère que vous ne vous êtes pas lassés... Donnez-moi votre avis comme toujours, c'est vraiment important pour moi de savoir ce que vous en pensez !
Désolée d'arrêter le chapitre ici, c'est juste qu'en ce moment j'ai pas le temps d'écrire, il faut que je fasse plus d'efforts pour pas foirer ma fin d'année... Bref, je poste quand même, pardon de pas le faire plus souvent mais je préfère ça que de ne pas écrire du tout... J'aurais pu continuer un peu plus mais j'ai pas envie de bâcler é_è
A la semaine prochaine <3



Edit : Coucou :D... Je n'ai pas posté la semaine dernière car elle a été assez dure à vivre pour moi... Les sentiments qu'éprouvent mes personnages me concernent beaucoup trop en ce moment et essayer d'écrire la suite me fait plus de mal qu'autre chose. Alors je ne devrais pas trop tarder non plus mais je ne poste pas tout de suite, désolée é_è
Ne m'en veuillez pas, ne m'abandonnez pas >_< (c'est pas un peu pathétique de supplier ses lecteurs? u_u), je reviens bientôt ! Pour donner un délais que je tiendrai (sûre et certaine !)... Maximum début de la semaine prochaine !
Enfin disons que ça viendra quand ça viendra ^^
Entre temps il faut que je pense à autre chose pour retrouver le sourire et vous poster ensuite un chapitre où les personnages principaux ne meurent pas prématurément (j'vous assure que c'est ce qui se passerait si je me forçais à écrire maintenant vu mon état d'esprit xD)
J'vous aime, merci encore de me lire et de laisser des commentaires <3
Encore désolée...


P.S : Bon anniversaire au yéti qui se lisse les poils :D !!!
Et une pensée au hérisson... Grand George est avec toi (aucun rapport avec le yéti cité plus haut lol) ! Ça s'est forcément bien passé hein ! On croise les doigts...


Edit 2 : Je sais que je n'ai jamais mis autant de temps pour poster... Mais j'ai recommencé à écrire un peu et en attendant les visites n'ont presque pas baissé, merci, merci, merci.
Je suis prête à tous vous prévenir dès que la suite sera là pour ne pas que vous vous lassiez à force de venir et de voir encore qu'il n'y a pas de mise à jour.
S'il y a de nouvelles personnes qui veulent être prévenues c'est ICI.
Merci encore <3

# Posté le mercredi 19 mars 2008 17:28

Modifié le samedi 26 avril 2008 04:57

~ Chapitre 13 ~

~ Chapitre 13 ~
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~ Chapitre 13 ~

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POV Tom


C'est un cauchemar. C'est un cauchemar. C'est un cauchemar... Je n'ai pas pu voir ça, ce n'est jamais arrivé, je vais me réveiller d'une seconde à l'autre... Ca ne peut pas être la réalité...
J'attrape un blouson en sortant de la chambre, cours dans le couloir, dévale les escaliers et traverse le salon à toute allure. De l'air. De l'air... Il me faut de l'air !

Je me précipite vers l'entrée et abats violemment ma main sur la poignée de la porte avant de constater que celle-ci est verrouillée. Le souffle court, je regarde avec hâte autour de moi, cherchant désespérément la clef. Il faut que je sorte pour m'éloigner d'ici au plus vite avant de devoir l'affronter. Je ne suis pas prêt pour ça...

Je tourne sur moi-même pour repérer un quelconque trousseau mais je n'en aperçois aucun. Profondément frustré et beaucoup trop énervé pour réfléchir correctement, je donne un violent coup de poing dans la porte, ce qui fait venir Gustav, qui devait être dans la cuisine, jusqu'à moi.

« Mais... Tom ? Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que...
- Les clefs ! je l'interromps.
- Quoi ?
- Où sont les clefs ! Il me les faut... Tout de suite !
- Euh je sais pas... Ah si ! Dans la cuisine mais pourquoi... »

Je ne le laisse pas continuer et me dirige vers la pièce qu'il m'a indiqué, essoufflé. Je regarde à gauche puis à droite... Sur le comptoir près de l'évier. Je me jette dessus et ressors le plus vite possible en manquant de faire tomber Gustav sur mon passage. Je peine à déverrouiller la porte ; ma main tremblante de rage m'empêche d'entrer correctement la clef dans la serrure.

« Tom attends ! »

Cette voix... Je ressens cette étrange sensation dans le ventre, comme un poids qui se répand dans tout mon estomac, me paralysant presque. J'entends Bill descendre en courant me rejoindre... Il faut que je me concentre pour ouvrir cette putain de porte ! Et quand j'y arrive enfin, je sens un bras peser lourd sur mon épaule, m'arrachant presque mon t-shirt.

« Tom où tu vas ?! Arrête ! C'est pas ce que tu crois ! »

Je ne veux rien entendre. Je le repousse sans délicatesse et sans un regard puis me précipite à l'extérieur. Le froid que j'avais déjà pu ressentir en ouvrant la porte s'intensifie, et le vent me fouettant le visage ne fait qu'augmenter cette douloureuse sensation. Mais plus rien n'importe à part m'éloigner. Loin... Loin de lui, loin d'eux...

Un bras m'arrête une fois de plus, m'empêchant de partir. Je le lui attrape et le rejette violemment.

« Laisse-moi ! »

Bill approche sa main de mon visage ; je l'intercepte avant qu'il n'y parvienne.

« Me touche pas putain !!! »

Je ferme les yeux pour ne pas voir sa réaction et en profite pour reprendre ma course, sachant que cette fois, il ne me suivra pas.

« Tom !... »

Sa voix brisée, son appel désespéré, cette intonation si triste, me transpercent les entrailles.
Je regrette de lui avoir dit ça. Il va mal l'interpréter, je le sais. La vérité c'est que je suis blessé. Même plus que ça : je suis anéanti.
Des larmes naissent au coin de mes yeux mais je ne connais pas leur sens. Est-ce le froid qui assèche ma vue, ou est-ce cette lame enfoncée si loin dans mon c½ur ? Certainement les deux...
Mes jambes me paraissent de plus en plus lourdes et je commence à perdre de la vitesse. Je vérifie que Bill ne m'a pas poursuivi et lorsque j'en ai la certitude, je ralentis plus franchement jusqu'à finir par marcher.
Je baisse la tête en appuyant mes mains sur mes cuisses, reprenant mon souffle puis lève le regard. Je constate que je suis à l'entrée d'une forêt.

J'avance doucement et à mesure que j'approche, j'accélère à nouveau le pas, poussé par une détermination due à ma colère. Comment a-t-il pu me faire ça ? Pourquoi... ? Je cogne le tronc d'un arbre à l'aide de mon poing.

« Pourquoi !!! ».

Mon cri qui résonne dans le bois se meure dans un gémissement de souffrance. Je recommence à frapper, plusieurs fois, sans m'arrêter. J'extériorise ma rage, ma tristesse, ma déception, ma... Jalousie.

Andreas... Son image n'a pas quitté mon esprit depuis que je l'ai vu... Que je les ai vus. Mon meilleur ami...
Je ne comprends rien ! Comment est-ce possible ? Il n'avait pas le droit... Il veut me le prendre ? Occuper la première place, me le voler ? C'est MON jumeau bordel ! Et... Il ne peut pas faire ça ! C'est dégueulasse... J'avais confiance en lui et lui il me poignarde dans le dos... D'abord il pique mon statut de confident puis il fait ... ça...

Je m'appuie de ma main gauche sur l'arbre pour avoir plus d'équilibre et continue d'en marteler le tronc avec l'autre main. J'ai mal. La douleur est insoutenable mais pourtant il le faut. J'ai besoin de couvrir ma souffrance psychologique par une souffrance physique. Il faut que je libère tout ce que je refoule au fond de moi...
Des flashs surgissent dans mon esprit. L'expression de Bill pendant le baiser... Il semblait aimer se faire embrasser par Andreas... Il avait l'air d'aimer non ? Oh oui, il avait vraiment l'air d'adorer ça... Je retiens mes plaintes et ferme la mâchoire et mes yeux avec force. Cette idée est insupportable.

Et là tout s'éclaircit. Bill, homosexuel...? Bill et Andreas, ensemble. Et s'ils sortaient ensemble... En cachette ? Une nouvelle image m'apparaît... Quand Bill m'a lâché la main pour rejoindre Andreas sur le quai... Et si c'était vraiment ça ? Et même pire... Et si Bill était... Amoureux de lui ?


POV Bill



« Bill rentre, tu vas prendre froid si tu restes là ! »

J'entends Gustav m'appeler mais je ne réagis pas, mon corps est bien trop paralysé par le froid, à l'extérieur comme à l'intérieur...
Je n'arrive pas à croire qu'il m'ait repoussé de cette façon... Ca fait tellement mal. J'aimerais le rattraper, tout lui expliquer, que tout redevienne comme hier... avant que ça foire. Comment je vais faire s'il ne veut pas m'écouter, s'il ne veut pas que je l'approche ?

« Me touche pas putain !!! »

Est-ce que ça veut dire que je le dégoûte ? Cette phrase tourne en boucle dans ma tête, son intonation douloureuse me poignardant à chaque passage un peu plus profondément. J'avais cru que c'était fini tout ça, que le temps où on essayait de se briser mutuellement le coeur était bel et bien révolu... C'était trop beau pour être vrai.
Une main saisit mon bras, me soulevant du sol alors que je n'avais même pas remarqué que je m'y étais laissé tomber. Je ne sens pratiquement plus que mon corps, tant à cause du froid que par l'état de profonde tristesse dans lequel je me trouve. Je manque de m'écrouler lorsque Gustav tente de me faire tenir debout et de me ramener à l'intérieur car mes jambes sont totalement engourdies.

« Mais t'es con ou quoi pour t'étaler comme ça dans la neige... En t-shirt ! C'est pas le moment d'attraper la crève ! Allez lève-toi, ton jean est complètement trempé ! »

Le sang cogne fortement dans ma tête à m'en faire atrocement mal. Tellement mal que tout se met à tourner autour de moi tandis que je m'accroche du mieux que je peux à ses épaules et le laisse me conduire dans le chalet alors qu'il me porte presque entièrement. Gustav continue de me sermonner mais je n'écoute pas un mot, je n'arrive pas à me concentrer du tout ou alors je n'ai juste pas envie de l'écouter me reprocher ma tentative désespérément vaine pour retenir mon jumeau. Qu'est-ce que je suis con ! La situation n'était pas assez affreuse comme ça ? J'étais pas assez mal c'est ça ? A croire que le bonheur c'est pas pour moi... Et mon bonheur, c'est Tom...

A l'intérieur, Gustav me laisse m'écrouler dans un fauteuil et sort de la pièce en vitesse, pour revenir presque aussi tôt, une serviette et des vêtements en main.

« Sèche-toi vite et change-toi. Tu trembles ! J'espère que...

- Gustav c'est bon... » je le coupe.

J'ai pas la tête à me faire encore engueuler. J'ai juste envie d'être seul, c'est trop demander?

« C'est quoi le problème avec Tom ? C'est à cause d'hier soir ?
- Ecoute... C'est compliqué » je réponds irrité.

Il va finir par comprendre que c'est pas le moment ?! Mes yeux lancent des éclairs et je crois qu'il finit par saisir qu'il vaut mieux pas trop insister.

« Très bien... J'te laisse. »

Merci bien ! Putain... Oh et puis merde j'ai pas besoin d'une embrouille de plus. Je lui attrape la main alors qu'il s'apprête à partir.

« Gus, excuse-moi je suis sur les nerfs... »

Il se retourne vers moi et me répond en souriant :

« C'est pas grave, c'est vos histoires de toute façon. Mais essayez d'arranger ça vite, on est en vacances, si y'a une ambiance de merde ça va pas le faire hein ?
- Ouais je sais... » je réplique en me forçant à lui rendre son sourire, mais je crois que c'est peine perdue ou alors il ne voit qu'une ombre crispée plaquée sur mes lèvres. Charmant.

Il retourne ensuite dans la cuisine, me laissant seul, la serviette autours des épaules. Je me sens tout poisseux... Comme ça c'est assorti à mon humeur n'est-ce pas ? Putain...

Je me lève lourdement et me déshabille pour mettre les vêtements secs que Gustav m'a apporté avec le peu de force qu'il me reste. Je me sens complètement vidé... C'est comme lorsqu'on vous offre un cadeau auquel vous avez rêvé très longtemps et qu'on vous le retire aussi tôt. C'est exactement ce que je ressens vis-à-vis de tout ça. Ce sentiment d'injustice formant une boule acide au creux de ma gorge qui m'empêche de respirer. Concours de circonstances ou acharnement du destin, appelez ça comme vous voulez, mais bordel qu'est-ce que c'est injuste ! Pile au moment où je... Tom débarque... avec probablement l'envie de me parler et de s'expliquer avec moi. Putain...

Ensuite, je décide de retourner dans ma chambre pour me recoucher. Avec un peu de chance quand je me réveillerai je me rendrai compte que la soirée d'hier et tout ce qui s'est passé après n'était que le fruit de mon imagination. Tom et moi serons encore dans nos chambres et je lui demanderai si finalement il voudrait bien qu'on ne sorte pas, qu'on reste seulement tous les deux au chalet parce que je ne me sentirai pas bien... Ce serait parfait non ? A force de rêver, je n'en suis que plus déçu par la réalité... Et à force, ça finit par tellement blesser que j'en deviens las. Je suis... comme vide maintenant.

Je laisse mes vêtements mouillés éparpillés sur le sol - j'en ai absolument rien à foutre pour l'instant - et monte aussi rapidement que je le peux les escaliers pour rejoindre ma chambre au plus vite. Le véritable monde me déçoit peut-être au final, mais pendant un moment ça me permet d'y échapper...
Je traverse le couloir et arrivé devant la porte je la pousse et trouve Andreas debout devant moi, la main sur la poignée.

« Bill ! J'allais venir te chercher.»

Et merde et merde et merde... Je l'avais oublié lui...

« Tu veux bien qu'on parle ? Enfin... »

Je ne le laisse pas finir et répond positivement à sa question. A près tout, il vaudrait peut-être mieux que j'éclaircisse certaines choses et je ne pense pas que j'arriverai à dormir de toute façon...

On s'assoit l'un en face de l'autre, moi contre le mur et lui tournant le dos à la porte menant au couloir. On se fixe longuement sans échanger un mot pendant que je cherche les miens. Je ne sais pas par où commencer... Je ne sais même pas si j'en ai envie.

« Bill... Je t'avoue que j'ai du mal à comprendre ce qui vient de se passer. Je vous ai observé par la fenêtre... »

Mon engourdissement s'estompe peu à peu et je sens ma tête s'alléger alors que je respire profondément et tente de réfléchir à ce qu'il vient de me dire. Je ne sais pas quoi répondre. Moi non plus je ne comprends rien et ça me fait vraiment peur. Moi qui pensais qu'on avait enfin fait une croix sur le passé par rapport à nous deux, qu'à présent les seuls problèmes qu'on pouvait avoir ne concernaient pas notre relation... Encore une fois c'était une belle illusion. Et cette foutue impression qui ne me quitte pas et qui vient de s'intensifier...

« Avec ce qui s'est passé hier soir et là... J'ai peur qu'il s'éloigne totalement de moi. »

Je prononce cette phrase la voix légèrement tremblante. Elle me fait encore plus peur à cet instant... J'ai tellement peur de le perdre...
Je vois qu'il s'apprête à s'excuser une fois de plus mais je lève ma main en signe d'arrêt.

« C'est fait, c'est fait, Andreas. Ca sert à rien d'en reparler. Je t'avoue que j'ai vraiment les boules mais au moins maintenant je ne lui cache plus rien et si les choses s'arrangent, tout sera dit et plus rien ne pourra nous tomber dessus... Et tout ira bien... »

Ouais enfin je ne lui cache rien... c'est vite dit quand même, mais on verra ça plus tard.
Andreas me regarde attendri mais je le fusille faussement du regard, je n'aime pas qu'on me regarde comme ça, sauf quand... Quand c'est Tom.

Je ne sais pas pourquoi je fais celui qui relativise en voyant le bon côté des choses parce que ce n'est pas du tout mon état d'esprit... Je serais plutôt du genre à penser que c'est trop tard et que quoi que je fasse je ne pourrai jamais rattraper ma connerie. J'me sens tellement mal que je ne peux pas penser autrement, je suis comme ça... Il reprend :

« Ecoute, déjà ça va s'arranger, c'est sûr. Toi et Tom vous ne pouvez pas rester en froid très longtemps, vous en êtes incapables. »

J'acquiesce d'un air pas très convaincu. Il le remarque et me lance un regard de défi ce qui me fait légèrement sourire. Nan en fait j'ai pas réussi à sourire du tout, mais j'aurais au moins essayé... On est peut-être incapables de rester en froid longtemps mais avant il ne s'était jamais accumulé autant de merde, de malentendu, de non-dits entre nous... Mais tout ça c'est de ma faute...

« Le truc c'est qu'hier, dans le train, je lui ai promis que je lui cachais plus rien. Tu sais que pendant un moment je faisais semblant que ça allait, mais là on s'est expliqués... Enfin, on avait réussi à se comprendre à nouveau. C'était comme avant... Sauf que j'allais pas sortir : Hey Tom au fait, j'ai des doutes sur ma sexualité et j'en ai déjà parlé à Andreas, voilà ! ».

Il rit doucement mais je n'arrive pas à le suivre. Mon ton est amer et je pense que même en faisant un effort je ne pourrais pas m'en empêcher.

« D'ailleurs ça ne m'avait même pas traversé l'esprit. Ca faisait un moment que j'y pensais plus trop, enfin j'essayais. J'avais plus le temps de toute façon et j'avais d'autres trucs en tête. Mais maintenant que c'est ressorti, c'est par rapport à Tom que je me sens si mal. Je sais pas comment l'expliquer, j'ai peur qu'il me rejette, qu'il me regarde différemment, je sais pas...
- Bill... Tu sais très bien que Tom n'est pas homophobe ! Je pense qu'il est juste surpris c'est tout. Ensuite, pour cette histoire de promesse tu as raison, t'allais pas tout déballer comme ça et il n'est pas con, il l'a surement compris, tu sais. »

Il n'est peut-être pas con mais à sa place j'aurais surement réagis de la même façon. Enfin ça c'est pas étonnant... C'est moi qui ai merdé dans l'histoire mais à la fois j'aurais tellement voulu qu'il prenne sur lui et me laisse tenter de lui expliquer... Mais on est beaucoup trop susceptibles et fiers tous les deux pour ça... J'arrive encore à comprendre ses réactions, au moins je n'ai pas perdu ça... Mais pour ce matin...

« Oui mais... Le pire c'est qu'il nous ait vus tout à l'heure. Il doit vraiment se faire des idées, il n'a pas voulu m'écouter. Il doit penser qu'on est ensemble et que ça aussi je lui ai pas dit... »

Je viens de tout sortir très rapidement. Je ne sais même pas s'il y a une logique à ce que je dis depuis tout à l'heure, si c'est cohérent. Tout se mélange en moi... Je suis totalement perdu.

« Bill tu te prends la tête pour rien. Quand il reviendra et qu'il se sera calmé, tu lui expliqueras. Il devrait comprendre. En attendant arrête de psychoter sur ta sexualité. Tu verras avec le temps... Pars du principe que t'es bisexuel et après tu verras par toi-même. Et dis-toi que si tu l'es, t'as deux fois plus de chance de trouver l'amour, hein ? »

Il me fait un clin d'½il et son sourire en coin, celui qui me fait penser à celui de... Tom. Décidément tout revient à lui... Mais de toute façon ça a toujours été comme ça. Ma vie n'a cessé de tourner autours de lui depuis que nous avons été conçus... Et sans lui je ne suis rien... Alors pourquoi le sort s'acharne-t-il à vouloir nous éloigner ?

Andreas n'a pas arrêté de me fixer depuis tout à l'heure. Peut-être qu'il attend que je parle...
J'aime bien sa dernière phrase, elle me rassure un peu mais à l'instant même c'est pas ça qui m'importe... C'est le cadet de mes soucis même si c'en est la base...

« Bill ?
- Oui ?
- Dis-moi... Comment tu es arrivé à douter de ta sexualité ? »

Mon estomac se contracte. Putain... J'espérais vraiment qu'il ne pose pas cette question...


POV Tom



J'ai mal... Putain mais qu'est-ce qui m'a prit ?... Je peine à garder les yeux ouverts, la douleur qui se repend dans tout mon corps m'en empêche.
Il faut que je rentre. Il faut que je parle à Bill. J'ai besoin de le voir... J'ai besoin de lui... J'ai besoin de mon jumeau... De sa présence, de sa voix, de ses yeux posés sur moi, de sa peau contre la mienne, de son sourire que me rend le mien... Je sens que mon esprit commence à s'évader alors que mon corps est soulevé du sol. On me soutient, me porte, je marche tout seul... Qu'est-ce qui se passe ?
J'essaye d'ouvrir les yeux mais je n'y arrive pas... Une impression de familiarité s'empare de moi... L'image de Bill n'ayant toujours pas quitté mes pensées, mon corps se relâche et je me laisse perdre connaissance...


POV Bill



« ...Parce que je t'avoue que ça m'a fait bizarre tout à l'heure tu sois si paniqué et si peu sûr de toi... Ca te ressemble tellement pas... »

La réponse qu'il me demande de lui fournir me met soudainement mal à l'aise. Peut-être parce que tout dans ma tête n'est que brouillard et confusion ? Sûrement... Mais, et si je lui en parlais ? Ou du moins tester sa réaction ? C'est mon meilleur ami après tout... Je ferme les yeux fortement comme me donner du courage et réponds :

« Ecoute je... Je sais pas trop comment dire ça... Voilà, j'ai toujours été attiré par les filles... Enfin je le croyais, mais avant tout j'ai toujours eu une attirance spéciale pour... Tom... Comment dire ? Je sais pas comment expliquer, je pensais que c'était parce que c'est mon jumeau et que j'ai ce besoin d'être proche de lui... Mais depuis quelques temps je... C'est autre chose. C'est différent... Et puis faut avouer qu'il est vraiment très beau... »

Magnifique...

« C'est pas la modestie qui t'étouffe, toi, m'interrompt-il en rigolant.
- Nan mais je dis pas ça par rapport à moi. Pas du tout ! On se ressemble c'est vrai, mais pour moi ça a rien à voir. C'est tout ce qu'il est qui m'attire... Enfin bref... Plus je grandissais plus ça amplifiait et à force je me suis dit que c'était parce que c'était les mecs en général qui me plaisaient... Mais comme on est pas vraiment entourés de mecs au quotidien j'étais frustré de ne pas pouvoir vraiment le savoir. C'était seulement une impression, tu vois ? Ca restait quand même flou... »

C'est peut-être aussi que je préférais penser ça au final...

« Si peu sûr de toi... Ca te ressemble tellement pas... »


Quand il s'agit de Tom tout est différent, c'est tout. C'est pas n'importe qui. Normal que je n'arrive pas à être détaché lorsqu'il s'agit de mon jumeau...

« ... Mais ce qui m'a aussi perturbé c'est ce détachement que je ressens vis-à-vis des filles au fur et à mesure... Pourtant on est entouré de milliers, et y'en a de très bien foutues faut l'avouer mais... Je sais pas c'est pas pareil. Tout ça m'embrouille. Je comprends vraiment plus rien Andy. En plus la dispute avec Tom a encore plus compliqué la situation. J'suis complètement perdu. »

C'est peu de le dire... J'ai une sale impression de me voiler complètement la face... Conscient de vouloir me persuader de ça ou pas, c'est bel et bien là, et je n'sais malheureusement pas comment m'y prendre pour l'effacer. Et Andreas qui me fixe de ses yeux perçants que j'évite depuis que je lui ai avoué ce qui me gênait tant. Maintenant je n'arrive pas à y lire ce qu'il pense... Je sens ma gorge s'assécher au fil que les secondes défilent... J'attends qu'il dise quelque chose, qu'il me rassure. Puis je vois enfin ses lèvres s'ouvrirent, signe qu'il va prendre la parole après un temps qui m'a paru interminable. Mon c½ur se remet à tambouriner à une vitesse folle à cause du stress qui s'empare subitement de moi.

« Bill, encore une fois tu t'en fais pour rien... T'es peut-être homo et alors Tom t'attire parce qu'il est canon - faut pas se mentir. Ou alors t'es bisexuel et c'est juste que t'as plus l'habitude de côtoyer des filles normales, qui ne sont pas fans de vous, peut-être que ça te bloque. Ou alors c'est qu'une passade et tu es seulement hétéro et ton attirance pour ton frère, c'est juste que t'as mal interprété certains trucs. Mais dans tous les cas, y'a rien de grave. »

Putain... il prend les choses avec une telle simplicité que j'y croirais... presque.

« C'est que, pour Tom, ça m'a fait bizarre de penser ce genre de choses à son sujet et puis j'ai peur de le dégoûter. Enfin ça serait surement normal mais ça me fait peur... J'ai trop besoin de lui... Comment je peux être sûr de sa réaction ? Ou même ne serait-ce que la prévoir ?
- Tu sais c'est normal, vous avez toujours été proches, vous avez une relation spéciale qui rendrait envieux n'importe qui. C'est cette proximité qui te fait douter mais après tout, tu verras bien. Je pense que ça va passer, tu comprendras peut-être plus tard. Et je pense que tu te rendras compte que tu t'es pris la tête pour rien. En ce moment t'es pas bien, donc un rien prend une proportion énorme. Détend-toi. Quand il revient, tu mets les choses au clair et puis c'est tout, d'accord ? »

Il parle avec tant de confiance et de justesse... J'ai tellement envie d'y croire... Je lui souris et m'avance vers lui pour le serrer dans mes bras. Il m'a vraiment aidé à mettre de l'ordre dans mes pensées...
Après quelques instants, il se recule doucement de moi et me demande :
« Une dernière chose. Quand on s'est embrassés, ça t'a aidé à voir plus clair ? »

Les images de Tom dans ma tête à ce moment là... Ce que j'ai ressenti à partir de leur apparition...
J'ai peur que justement ce baiser m'ait aidé à y voir trop clair... Qu'il m'ait aidé à vraiment découvrir ce que je ressens au plus profond de moi. Mais ça je le garde pour moi. J'ai encore trop peur de le confier mais surtout de réellement me l'avouer.

« Pas vraiment j'étais trop stressé. »

Je préfère lui mentir, je ne suis pas prêt à lui confier ça.

« C'est pas grave, de toute façon je pense pas que ça t'aurait permis de mieux comprendre, je suis ton meilleur ami donc... Enfin je le suis encore n'est-ce pas ?
- Oui t'inquiète pas... »

Il me sourit, les yeux brillants et continue :

« Donc je ne pense pas que t'aurais ressenti quoi que ce soit de toute manière.
- Peut-être bien. »

Après cette discussion, Andreas est parti dans sa chambre pour me laisser me reposer. Besoin de calme et de solitude pour faire le point correctement. Je me sens vraiment mal à l'aise. J'ai du mal à accepter... A comprendre ce qui se passe dans ma tête. Et en même temps comment y arriver complètement ? C'est pas aussi simple que l'a décrit mon ami. J'aimerais tellement savoir ce que Tom en penserait mais je pourrais être complètement anéanti, encore plus dégoûté de moi-même... C'est ça qui me fait tant hésiter. Alors qu'autrefois j'aurais sans doute eu moins peur de l'affronter.

Mais aujourd'hui... Avec ce grand fossé qui s'est creusé entre nous à une vitesse affolante, je me pose de plus en plus de questions quant à ses réactions ou même à ses sentiments. Si seulement je pouvais être sûr de moi, sûr de ce que je ressens... Mais en même temps, ça m'effraie plus que jamais. Mettre des mots sur ses sentiments n'est jamais simple, ça je le savais. Je ne pensais simplement pas que c'était aussi douloureux et compliqué.

Soudainement mon c½ur se compresse dans ma poitrine, je suffoque, une douleur insoutenable me transperce les poumons... Qu'est-ce qui m'arrive ? C'est comme si on venait de me projeter violement à terre et que la douleur m'écrasait et me maintenait au sol. J'écarquille brusquement les yeux et semble réaliser... C'est Tom. Il faut que je le retrouve immédiatement. Je ne sais rien de ce qui se passe. Je ressens...
Il a besoin de moi...



oOoOoOo


Et bah j'ai mis du temps à le pondre celui là ! Merci encore Odie pour ton aide (Plouf <3)...
J'espère que le chapitre vous plait, dites-moi ce que vous en pensez comme d'habitude =D (13e chap... Est-ce que ça va me porter malheur? é.è)
Je ne sais pas quand je posterai la suite, je ne tiens quasiment jamais les délais que je fixe de toute façon u.u
En ce moment je bloque, donc me force et je ne veux pas bâcler pour finalement vous décevoir et aussi me décevoir... Je vais prendre mon temps pour ne pas tout gâcher pour rien. Merci de votre patience et de votre compréhension é.è
N'oubliez pas de commenter =D

Je vous aime <3

Edit : Hey chers lecteurs ! Je suis désolée, j'ai rien foutu pendant plus d'un mois mais maintenant que c'est les vacances je vais m'y remettre, je ne devrais pas tarder à poster =D
Merci pour toutes vos visites, ça me rassure que tout le monde ne m'ait pas oubliée alors que je ne montre pas signe de vie... J'essaye de faire vite, promis ! <3

# Posté le mardi 29 avril 2008 20:06

Modifié le lundi 01 septembre 2008 11:20

~ Chapitre 14 ~

~ Chapitre 14 ~
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~ Chapitre 14 ~

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POV Tom


« Il ne devrait pas tarder à se réveiller, ne t'inquiète pas.
- Mais ça fait déjà trois heures ! Trois putain d'heures qu'il a pas ouvert l'½il ! J'en peux plus là, j'comprends pas ce qui a bien pu lui arriver, et il faut qu'on s'explique...»

Les derniers mots de mon frère se perdent dans un souffle, comme si ce murmure n'avait d'autre destinataire que moi-même. Mais je n'ouvre pas les yeux. Je ne veux pas... Je ne suis pas prêt à entendre son explication. J'ai peur d'affronter une vérité qui s'est rapidement installée dans mon esprit. Une vérité qui va m'éloigner de Bill alors que j'avais mis tant d'espoir en notre réconciliation...

Je sens sa main se presser fortement sur mon avant bras, me coupant dans mes réflexions. Son pouce commence à me caresser la peau dans un mouvement lent et répétitif, écoulant en moi une douce chaleur apaisante. Je profite quelques instants de ce contact puis reprends le cours de mes pensées obsédantes.

Tout devait être comme avant. Rien que nous deux, parce que ça a toujours été le cas. Il n'y avait besoin de personne d'autre... Retrouver enfin cette proximité particulière que j'entretenais avec lui avant qu'il se referme sur lui-même, c'était tout ce que je voulais. Il me manque, tout en lui me manque, et j'ai l'impression que plus jamais je ne retrouverai tout ce que j'ai perdu. Je devrais être heureux pour lui non ? Tomber amoureux c'est ce qu'il attendait... S'il a trouvé cette... Personne qui fera son bonheur, je ne devrais pas réagir comme ça...

Ma poitrine se contracte douloureusement, me faisant légèrement plisser mes paupières restées closes. Et si... Et si je voulais être le seul capable de le rendre heureux ?... A force d'y penser, même si cet égoïsme me dégoute et me pourrit la vie, je n'y peux rien. Jusqu'à peu une relation fusionnelle nous unissait depuis notre naissance, et Bill a toujours été le seul à compter pour moi. Je n'avais besoin que de lui. Contrairement à ce que je veux bien faire croire sur ma sexualité, je n'ai couché qu'avec peu de filles. C'était plus pour me prouver quelque chose au début, tester mon pouvoir de séduction, et puis dernièrement pour ne plus penser à mon jumeau qui m'évitait. Pour ne pas être seul...

Mais en réalité je n'ai jamais ressenti de réel besoin de ce genre, du moment que Bill était près de moi. C'est étrange, surement mais c'est comme ça. Bill n'a jamais couché avec personne, n'est que rarement tombé « amoureux », et même si on en a jamais parlé, je pensais que lui non plus n'avait besoin de personne d'autre... Caché inconsciemment au fond de moi, je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer que Bill m'appartenait comme je considère lui appartenir. Pourtant c'était stupide de résonner de cette façon...

J'en fais trop. Trop protecteur, trop possessif, trop jaloux. Je ne me pose même plus la question de savoir si c'est normal ou pas. La relation que j'ai avec Bill n'a jamais été normale, elle pouvait le paraître, mais moi je sais que ce n'est pas le cas. C'est juste nous. Malheureusement, les choses changent et je ne les ai même pas vu venir. Mais moi je n'ai pas changé... Seulement tout m'apparaît comme nouveau maintenant parce que j'ai l'impression qu'on s'immisce entre nous deux. « C'est quand on perd une chose qu'on se rend compte de sa valeur ». Moi c'est pas que je m'en rend compte puisque je l'ai toujours su, j'essaye simplement de ne plus me voiler la face.

La peur d'être abandonné par mon jumeau ne s'est jamais révélée aussi forte qu'a cet instant. Je sais que je ne pourrais pas faire semblant d'être endormi encore longtemps, seulement me réveiller signifie pour moi perdre Bill. Parce que tant qu'il ne l'a pas clairement dit, il reste un espoir non ? Peut-être que j'ai faux sur toute la ligne et qu'il n'est pas amoureux d'Andreas. Je ne le veux pas... Surtout pas.

Ca me fait bizarre de mettre des mots aussi sincères sur ce que je ressens, c'est nouveau pour moi et c'est un truc que j'ai jamais approfondi par rapport à tout... ça. Nier rend les choses beaucoup plus facile, seulement au bout d'un moment ça explose et voilà le résultat...
J'aurais pas dû réagir comme ça... Je me suis comporté comme un gamin... M'énerver assez pour en perdre connaissance ? Mais oui c'est un truc qui arrive tous les jours ! Et puis expliquer à tout le monde ce qui m'ait passé par la tête c'est avouer la connerie dont j'ai fait preuve. Alors non merci...

La main de Bill quitte mon bras alors que je l'entends dire faiblement :

« Tu peux le surveiller s'il te plait ? En fait je ne pense pas qu'il ait envie de me voir à son réveil... »

Mais nan ! Reste ! Je ne suis pas encore prêt c'est tout... Attend un peu bordel !

« Pas de problème. »

Il s'éloigne définitivement de moi tandis que mon c½ur s'emballe à toute vitesse. Je commence à avoir chaud. Je ne veux pas qu'il parte ! Putain j'ai besoin de lui ici...

« Et, Georg ? ajoute-t-il.
- Oui ?
- Ne laisse pas entrer David. »

David ? David est ici ?! Mais comment ...
Georg s'avance rapidement vers moi. Merde... J'ai oublié de garder les yeux fermés. Trop tard...

« Tom ! s'écrit Georg en se penchant au-dessus de moi, comment tu t'sens ? »

Je soupire, agacé par ma propre connerie et essaye de me redresser mais une douleur se répand soudainement dans ma tête. J'avais presque oublié ce qui fait que je suis allongé dans ce lit... Je repose ma tête sur l'oreiller en gémissant plaintivement. Je répond tout de même après quelques instants sur un ton enjoué :

« J'me suis jamais senti aussi bien et toi ? »

Il me sourit de toute ses dents et pose sa main sur mon épaule en me secouant légèrement.

« Tu nous as vraiment fait flippé tu l'sais ça ? »

J'esquisse un sourire pour toute réponse. Mon regard se perd ensuite derrière lui et se pose sur... Bill. Mon sourire s'éteint plus par surprise qu'autre chose et mon c½ur s'accélère et je tente de rassembler le peu de force qu'il me reste pour ne rien laisser paraître. Je pensais qu'il était parti...
Il se tient adossé au coin de la porte restée ouverte et me fixe l'air attendrit, mais lorsqu'il se rend compte que je soutiens son regard il détourne instantanément le sien. Déçu, je repose mes yeux sur Georg et change de sujet, mes sourcils se fronçant d'eux-mêmes.

« Vous parliez de David ? »

J'attends quelques secondes mais seul le silence à la gentillesse de me répondre. Georg essaye de dire quelque chose mais il n'arrive visiblement pas à le formuler puis il se retourne vers Bill. Je ne le suis pas, même si poser mes yeux sur mon frère à nouveau me... Bref, il ne faut pas que je le regarde, c'est tout. Mais pour l'instant il y a plus important. Je perds patience.

« Répondez-moi ! »

Georg appuie un peu sur la main qu'il avait gardé sur mon épaule, et me répond presque en chuchotant, le regard fuyant :

« C'est lui qui t'a trouvé dehors, selon lui tu t'es évanoui dans ses bras. »

Quoi ? Je ne me souviens pas du tout de ça ! Et puis qu'est-ce qu'il foutait là de toute façon ?

« J'comprends rien.
- Il avait l'intention de passer au chalet pour voir comment on allait et...
- Il a perdu son téléphone ? je le coupe sèchement.
- Tom calme toi... C'est pas le moment de t'énerver. »

Pas le moment de m'énerver ? Il se fout de moi ou quoi ? Ma vue se brouille sous la douleur qui pèse dans ma tête mais je continue quand même, un ton au-dessus :

- Tu voudrais que je réagisse comment ?!
- Ecoute... Il voulait aussi discuter avec nous. Surtout Bill et Toi. S'excuser avant tout et mettre les choses au clair. »

Ma mâchoire se comprime et mes poings se serrent simultanément. Ce que je cesse rapidement ; j'avais aussi oublié que j'avais salement amoché ma main... Je lance un furtif regard vers elle et remarque qu'un bandage l'entoure

« Je n'veux pas le voir. C'est vraiment pas l'moment.
- Je sais. »

Ses yeux se voilent de tristesse et dérivent vers le sol. Putain je déteste le voir comme ça. Je déglutis alors que mes sourcils se relâchent. Il se tourne vers la porte. Bill n'y est plus...

« Tom... Je sais pas tout ce qui se passe avec Bill en ce moment, tout ce que je sais c'est qu'il est vraiment mal. Ca ne me regarde peut-être pas mais il faut que vous parliez tous les deux. S'il te plait. »

Je n'ose pas affronter son regard que je sens insistant, je fixe le mien sur un point imaginaire pendant qu'il se lève. Les secondes défilent avant qu'il ne quitte la pièce, comme s'il attendait une réponse de ma part. Et alors qu'il s'apprêtait à franchir la porte, je lui dis impulsivement :

« Demande-lui de rentrer. »


POV Bill


Georg me fait signe de rentrer dans la chambre, mais ne dit rien. Il sait que je l'ai entendu. Il me sourit puis se dirige vers le salon, me laissant seul avec toute la peur qui s'est installée dans mon estomac. J'ai l'impression de ne jamais avoir pesé autant. Je pose par automatisme ma main gauche sur mon c½ur et comme je l'avais deviné les battements que je sens sont extrêmement puissants et rapides. Rapides et douloureux... J'essaye de calmer ma respiration alors que j'essuie mes mains moites sur mon jean. Putain j'ai l'impression que j'vais imploser. Il ne faut pas qu'il me voie dans cet état... Et puis qu'est-ce que j'vais bien pouvoir lui dire ? La vérité ? C'est assez humiliant... Mais je n'ai pas le choix. Il faut que je retrouve mon frère. C'est tout ce qui importe.

Je frotte mes doigts sur mon visage pour me reprendre puis passe mes index sous mes paupières inférieures pour vérifier que mon maquillage n'a pas coulé. Y a vraiment que moi pour penser à ça dans un moment pareil... Je me fous une claque mentale et prends mon courage à deux mains. C'est parti... Je me tourne lentement vers la porte que j'ai franchit il y a quelques minutes et fais quelques pas jusqu'à faire le chemin inverse. Il n'a pas bougé, allongé là, une couverture le recouvrant. Je lui ai enlevé son bandeau et détaché ses dreads tout à l'heure.

Je le préfère comme ça... Il semble... désarmé, ce qui a pourtant le mérite de m'intimider plus qu'autre chose. J'essaye de paraître serein mais je sais que son regard tourné vers moi à l'instant me perce à jour. D'une certaine façon c'est rassurant mais je n'arrive pas à soutenir son regard, la tension est trop forte. Un frisson parcourt mon corps et j'en mords ma lèvre inférieure pour me calmer. J'avance tout de même vers lui, m'installant sur la chaise à coté du lit, comme je l'ai fait durant ces dernières heures. J'ai tellement peur qu'il me rejette comme il l'a fait la dernière fois qu'on s'est vus. Avant qu'il s'enfuit... Il avait l'air tellement... dégouté. Je ne suis même pas sûr de la raison. C'est parce que j'embrassais un mec... Ou parce que c'était Andreas? Il est tombé sur nous avec l'intention de venir me parler avant toute chose... Il avait réfléchit, il s'était calmé... Je ne sais pas ce qu'il avait en tête... J'aimerais le savoir maintenant. Je voudrais le retrouver...

En attendant les secondes défilent dans le silence. Un silence plus que pesant que je m'empresse de briser sous la pression.

« Pardon. »

Je n'ai pas réfléchit. C'est la première chose qui est sortie de mon esprit... Mais c'est sincère. Je me sens responsable de tout ce qui nous est arrivé ces derniers jours. Si seulement je...

Putain. Mon souffle se coupe et je sens mon pouls accélérer dangereusement. Tom vient soudainement de me prendre dans ses bras. Je n'arrive pas à le croire. Je cligne plusieurs fois des paupières avant de réaliser que je ne rêve pas. Mon estomac se tord délicieusement à cette constatation. Trop concentré à éviter son regard après m'être excusé je ne l'avais même pas vu se redresser... Prenant conscience que je n'ai pas du tout bougé depuis qu'il s'est approché de moi, je pose vivement mes mains dans son dos, l'entourant à mon tour. Et alors qu'il ne s'est toujours pas rétracté comme j'en avais peur, je resserre notre étreinte pour le sentir plus proche de moi, puis soupire de soulagement. Il ne me rejette pas. Plus que ça : il vient vers moi.

Je prends ensuite une longue bouffée d'oxygène comme si j'avais la possibilité d'inspirer avec elle la moindre parcelle de bonheur répandue dans l'air à cet instant, en rechargeant mon c½ur. Tout ce que je souhaite c'est rester là pour l'éternité. J'ai la certitude que c'est là où je dois être, et que c'est là que je me sens le mieux. Je ne veux pas quitter ses bras. Alors pourquoi ça ne pourrait pas être le cas ? Et pourquoi j'ai la sale impression qu'en plus de ne pas durer, ce moment va laisser place à un autre beaucoup moins agréable ? A chaque fois qu'on a partagé de tels moments dernièrement ils ont cédé leur place à de l'orage. Qu'est-ce que je donnerais pour me tromper et pour que toutes ces conneries cessent enfin...Il suffirait que je sois honnête et direct. Ainsi il n'aurait plus de doutes à avoir. Il saurait tout et on pourrait reprendre là où ça a foiré, encore plus confiants. Ca a l'air tellement facile comme ca, hein?

Je sais qu'il faut que je mette à exécution toutes les bonnes résolutions que je viens de prendre mais laissez-moi juste profiter encore quelques secondes. Juste un instant...
Je tourne ma tête vers son cou, inhalant son odeur si... Lui. Je n'arrive pas à la définir autrement. Tout ce que je sais c'est que c'est la meilleure odeur du monde. Son odeur...
Je frôle inconsciemment sa peau avec mon nez et inspire plus franchement son parfum naturel. Mon ventre se réchauffe alors que les n½uds formés à l'intérieur se resserrent encore et encore. J'aime tellement ça... Je voudrais ressentir ça tout le temps... Mais c'est peut être sa rareté et son intensité qui la rend si agréable... Pourtant, là dans ses bras, je sais qu'elle ne s'estomperait jamais et je suis persuadé que je ne pourrais pas m'en lasser... Alors je reste ici.

Lentement, je sens les mains de mon frère quitter mon dos. Il essaye de se retirer. Instinctivement, je m'accroche à son t-shirt pour l'en dissuader. J'ai dit qu'on restait ici. On est très bien comme ça. Y mettre fin signifie parler et je considère qu'on s'est toujours très bien débrouillés sans. On a pas besoin de mots nous, n'est-ce pas? Pas besoin... Pas besoin du tout...

Alors que je pensais qu'il avait capitulé, il recommence à vouloir nous séparer. Désespérément, je ne lâche pas prise. Je ne serais pas contre si d'un simple regard on décidait d'un commun accord de tout oublier. Il lirait dans mes yeux toute la vérité et ça suffirait. Mais ça ne se passera pas comme ça.
Il recule légèrement sa tête en poussant un soupire qui atterrit dans mon oreille me faisant frissonner violemment.

« Bill je n'ai rien contre les câlins mais tu n'crois pas qu'ils seraient temps qu'on parle?
- Non.
-Bill...»

Sa voix sonne comme une remontrance enjouée me faisant sourire. J'aime quand il joue le grand frère raisonnable tandis que je fais le capricieux. Peut importe les années qui défilent ça ne devrait jamais changer.

« Tu n'veux pas parler, alors tu n'as qu'à écouter. »

Pris par surprise, il réussit à se défaire de notre étreinte, déplaçant ses mains plus bas que mes épaules sur mes bras. Je fuis son regard que je sens insistant sur moi en baissant la tête. Je ne veux pas parler, je ne veux pas écouter non plus. J'ai peur des deux et je sais que c'est justifié.

« Bill, regarde-moi. »

Aucun tremblement ne transparait dans sa voix claire et ferme. Comment fait-il pour paraître aussi calme et confiant alors qu'en moi tout semble être à l'opposé? Puisque je ne lui obéis pas, il pose son index replié sous mon menton pour le soulever et ainsi m'obliger à croiser son regard. Je le laisse faire sans me rebeller. Je ne suis pas déçu de mon choix sentant mon ventre papillonner à m'en étourdir. Putain ses yeux. Il pourrait me demander de faire tout ce qu'il veut rien qu'en me regardant de cette manière. Ca me rend malade...

Il me sourit en coin. Ce putain de sourire qui a le même effet que ses yeux...

« Ecoute-moi maintenant. »

Il marque une pause que je qualifierais de beaucoup trop longue pour mes nerfs puis reprend calmement :

« On parlera de ce qui m'a mis dans cet état pour que l'autre con me trouve dans les vapes plus tard... C'est pas le plus important. Pour le reste, j'ai tout compris. »

Mes yeux s'agrandissent à cette déclaration. Comment ça « j'ai tout compris » ? Alors j'avais vu juste? Pas besoin d'explication, il a tout pigé tout seul? Ce serait tellement bien si c'était ça... L'idéal. J'aimerais tellement y croire. Tout serait fini sans risques, sans gêne, sans humiliation. Et ce serait juste... Parfait. Faut que ce soit ça... Pitié... Son silence me tue. Il faut que j'ai la certitude que je ne me créé pas de faux espoirs. Tout à l'air tellement bien...

« Tout... Compris? »

Ma voix se coince dans ma gorge. Putain faites qu'il abrège cette attente plus que pesante... Je l'encourage du regard, l'incitant à continuer, mourant d'impatience.

« Oui. J'ai été stupide de réagir comme je l'ai fait. Je suis désolé. J'étais euh... surpris c'est tout. Je m'y attendais pas mais on s'en fout maintenant. Je suis fier de toi et j' te soutiendrai toujours quoi qu'il arrive. Peu importe qui tu aimes, du moment que cette personne te rend heureux... Je... Enfin... »

Il cherche ses mots et son regard est fuyant. Il parle de quand? De la soirée ou de la chambre? Je ne sais même plus quoi penser... Ses mots me surprennent... Il est si calme... Il dit que le fait que je sois soit-disant homo le dérange pas? Okay ça règle un problème mais... J'imaginais qu'il prendrait mal le fait que je me sois confié à Andreas plutôt qu'à lui... Et pour le baiser? Rien. Pourquoi il n'en a pas parlé directement? J'ai l'impression qu'il détourne le sujet... Et je me sens bizarre... Aucune jalousie? Il ressent rien?

« J'aurais... J'aurais aimé l'apprendre autrement plutôt que le découvrir comme ça mais bon... C'est oublié. J'suis sincèrement heureux pour toi. Et j'espère vraiment que ça va marcher entre vous. »

Il raconte quoi là? Il croit que je suis avec Andreas... Putain comment j'ai pu croire qu'il ne l'interpréterait pas de cette manière?! Il ne faut pas qu'il croie ça! Il faut que j'lui dise et...

« Attends Tom... Tu... Non... »

Mais les mots ne sortent pas. J'arrive pas. Je suis comme spectateur de toute cette plaisanterie...

« Hey Bill, t'inquiète pas hein? Mon jumeau et mon meilleur ami... J'aurais pas pu rêver mieux! »

... Sans pouvoir intervenir. La situation m'échappe totalement. Aucun contrôle. Mes yeux n'arrivent pas à quitter les siens, je suis comme hypnotisé... Je ne comprends pas sa réaction. Pourquoi il semble si sincère? C'est pas comme ça que ça devait se passer! Pourquoi je n'peux rien dire bordel!

« Je l'connais assez pour savoir qu'il le ne te fera pas souffrir. J'ai confiance en lui. Alors je n'peux qu'être heureux pour vous. Si t'es heureux je l'suis aussi hm? »

Ca ne va pas. Il doit pas dire ça. Pas comme ça... Je souris à contre-c½ur. Comme si mon corps avait décidé pour moi de rentrer dans son jeu...

« Je n'suis que ton grand frère, c'est pas à moi de décider de ta vie. »

Je n'suis que ton grand frère? C'est une blague? Depuis quand ce n'est QUE mon grand frère?

« Il était peut-être temps qu'on n'soit plus seulement tous les deux. Même si on s'quittera jamais, fallait bien qu'un d'nous tombe amoureux un jour.
- Amoureux? Mais je...
- Nan mais même si tu n'l'es pas, j'ai bien compris qu'il y avait un truc entre vous et je n'ai pas à m'en mêler. C'est votre histoire, ça ne me regarde pas. »

Il peut pas dire ça. Pas comme ça! Il est trop... Distant. C'est pas... Il peut pas être si détaché!
Il pense que j'suis amoureux et il... S'en fout? Ca ne lui fait rien du tout? S'il savait comme ça me fait mal qu'il me dise tout ça...

« Hey fais pas cette tête là! Regarde-moi... »

Je suis tellement las que je lui réponds par automatisme. Il comprend rien. En fait on est aussi con l'un que l'autre.

« Voilà... Crois-moi je vais bien. J'ai réagis impulsivement puis j'ai réfléchis et c'est bon maintenant.
Tout va bien okay? T'as plus à t'en faire pour ça. J'ai fait mon grand frère jaloux qui a peur de perdre son p'tit frère, mais j'ai aucune raison de penser ça. Faut pas tout mélanger. »

Il va bien. J'ai les larmes qui me montent aux yeux. « Faut pas tout mélanger »... Ca ne devrait pas me blesser, si? Je ne devrais pas le prendre mal... J'suis complètement cinglé. Qu'est ce que je croyais? Qu'il en supporterait pas de me voir avec un autre mec que lui? Qu'il aurait peur que j'aime quelqu'un plus que lui? Non?... Je sais que moi je penserais ça si la situation était inversée. Alors pourquoi je suis le seul? J'voudrais tellement qu'il pense pareil...

Son sourire s'élargit. Doucement, il me caresse la joue du revers de son doigt alors que mes yeux se ferment. Je ne veux pas qu'il se rende compte que je suis sur le point de pleurer. Puis je le sens se rapprocher d'avantage jusqu'à me serrer dans ses bras à nouveau. J'aimerais tellement retourner quelques minutes en arrière. Avoir assez de courage pour parler le premier. Et alors ça ne serait pas comme ça... Mais j'aurais jamais imaginé qu'il soit aussi... Qu'il se mette autant à l'écart par rapport à tout... Ce mensonge. Ca m'aura au moins appris ça... Il ne pense pas comme moi. On est jumeaux mais on n'a pas la même façon de voir les choses... Putain j'veux pas me dire ça. Je devrais pas avoir à me le dire! Il faut que j'arrête de me faire des films, ça ne fait que m'enfoncer pas vrai? J'aurais pas dû parler avec Andreas de tous mes doutes. Avoir fait tout ressortir c'est plus douloureux encore...

« C'est fini maintenant. Plus d'histoires. »

J'aurais aimé entendre cette phrase après m'être expliqué, moi...

« Je t'aime Bill, tu l'sais n'est-ce pas?
- Oui... »

Mais pas comme je le voudrais.

« Moi aussi je t'aime... »

Les mêmes mots mais n'ayant pas la même signification... Malheureusement je suis le seul à m'en apercevoir...

oOoOoOo


J'ai enfin posté ! Je suis vraiment désolée... Presque quatre mois que j'ai pas écris quand même... Mais bon je l'ai fait là et c'est venu tout seul (il était temps...). Je n'avais plus envie d'écrire et je voulais faire d'autres choses (en gros je préférais lire du yaoi plutôt qu'en écrire faut être honnête), mais je suis revenue. Peu importe quand je posterai, ce qui qui est sûr c'est que je prendrai pas autant de temps que cette fois ^^
J'espère que vous êtes encore là et que la suite vous déçoit pas (trop).
Je vais prévenir tout le monde.
Pour la façon dont se passent les évènements dans la fic, rassurez-vous, ça va pas durer. Il fallait juste un malentendu pour... la suite :D Enfin bref vous verrez bien, ayez confiance ; )

Merci à tous ceux qui viennent tous les jours voir si j'ai posté. Ca me fait vraiment plaisir de savoir que je suis suivie même après tout ce temps. Donnez moi votre avis surtout et désolée s'il y a des fautes ou des tournures de phrases bizarres, je reviendrai dessus plus tard ^^

Love you <3


Edit : Je pense que je dois une explication à ceux qui viennent encore sur mon blog pour vérifier s'il y a une mise à jour :)
Alors... Déjà, je n'ai pas tenu ma promesse de poster plus rapidement que la fois précédente, je suis désolée. J'avais déjà des doutes sur ma fic auparavant, ce qui m'avait démotivée, mais plus le temps passe plus je m'en détache. Le début (la mentalité de Bill, la relation des jumeaux, l'intrigue peu originale) et les enchainements d'actions assez tordues (Andreas et les quiproquos qui vont avec) ne me plaisent pas avec du recul, et si j'avais le courage de la réécrire je le ferais. Seulement cette fic j'y tiens tout de même, c'est pourquoi je pense que je la finirai un jour, en essayant de réparer ce qui me déplait. Mais pour l'instant j'ai d'autres préoccupations et je ne pense pas écrire dans un futur proche. Je ne supprime pas le blog pour autant et je ne mets pas les articles hors-ligne comme me l'a conseillé quelqu'un, je préfère le laisser comme ça pour quand je reposterai. Pour l'instant j'ai perdu l'envie d'écrire, peut-être qu'elle reviendra. Quoi qu'il en soit je vous remercie de venir encore, ça me touche beaucoup et je suis désolée si je déçois certaines personnes mais je me devais d'être honnête. En tout cas je vous remercie pour tout ce que vous m'avez apportée et j'espère que vous comprendrez...

<3

# Posté le samedi 23 août 2008 09:38

Modifié le dimanche 22 février 2009 17:32